Charpente M

Rénovation et surélévation d'une maison

Nantes, Loire Atlantique

2020

ALICE MAINE ARCHITECTE

Solide.

Une architecture qui dure, traverse le temps et les épreuves. Elle est bien construite et résiste aux forces naturelles, à la pluie, aux vents, aux mouvements de terrain. Malgré les chocs, elle assure sa fonction initiale : abriter.

 

Ancrée.

Une architecture résiliente est ancrée dans son territoire par ses matériaux, son implantation et sa volumétrie.

Elle est intégrée au paysage et appréciée du voisinage. Elle est responsable de son impact environnemental et répond aux défis socio-économiques.

 

Viable.

Elle est conçue pour être entretenue, avec des composants robustes, réutilisables, renouvelables.

Des matériaux sains où l’on accueillent avec plaisir les effets du temps. Elle est sobre en consommation et productrice d’énergies (chaleur, électricité, alimentation). Conçue avec attention, on apprécie ses vues, cadrages, volumes non-standards, exposition bioclimatique, passages secrets ou charpente tordue…

ALICE MAINE ARCHITECTE

Une maison de ville mitoyenne montée à la terre et au granit, ancrée sur un

coteau du sillon de Bretagne.

Elle est composée: d’une partie ancienne sur rue aux pignons traditionnels ; d’une extension à demi-niveau dans la pente et à la toiture mono-pente.

L’emprise de la maison est maintenue et la toiture déposée.

Il s’agit maintenant de dessiner le toit des futur·es habitant·es.

Comment habiter les combles en s’intégrant à la volumétrie de la rue ?

Comment maximiser les apports solaires

et les surfaces créées ?

Comment rendre lisible les itérations constructives ?

La réponse architecturale est une charpente en « M » posée sur les murs

existants assainis.

Une intervention englobante donnant un toit à chacun des volumes existants. En conservant la hauteur à l’égout, la surélévation s’intègre dans le paysage urbain et est appréciée des voisins.

La pente sud maximise l’espace habitable, accueille les panneaux solaires.

La pente nord minimise l’ombre portée sur le jardin potager exposé sud.

Solide. Les travaux assurent la pérennité du bâti existant. Les enduits à la chaux

assurent la respiration des murs. L’isolation en laine de chanvre, matériau biosourcé

et biodégradable est protégée par un pare-vapeur.

 

Ancrée. La pente de toit sud maximise les apports solaires en intersaison et le

rendement des panneaux solaires hybrides (thermique et photovoltaïque). Les

matériaux de construction sont issus des filières locales, à l’instar du chêne et des

briques en terre crue qui régule hygrométrie et inertie thermique (confort d’été). La

localisation urbaine permet aux habitants de réaliser tous leurs trajets en vélo.

 

Viable. La facture d’électricité est neutre : autant d’électricité est vendue que

consommée. Le poêle programmable, unique moyen de chauffage grâce à des

volumes intérieurs ouverts, consomme 150€/an de pellets. La maison rénovée est

conforme aux critères d’une maison passive, les besoins tout confondus en énergie

primaire est de 58Kwh/m2/an.

En conception, les compétences de l’ingénieure-architecte ont été mobilisées :

conception d’un projet conforme à la réglementation urbanistique, au budget et au

calendrier. Travailler sur les usages a permis d'éviter les dégagements et maximiser la sensation d’espace.

 

Pour la maîtrise d'oeuvre, la connaissance du tissu local a été un atout. Une solide

connaissance initiale des matériaux, de leurs propriétés, de leurs filières et de leurs

mises en oeuvre (bois, acier, chanvre, argile, chaux, ciment, plâtre) a été nécessaire et approfondie chaque fois que nécessaire.

 

En chantier, les compétences des entreprises de gros-oeuvre ont été indispensables.

Notamment le savoir-faire du tracé à l’épure du charpentier – Entreprise Debarre. Les compétences des couvreurs, des menuisiers et de l'installateur des panneaux solaire ont également été réunies et mises en relation.

En plus de son caractère écologique, la particularité de ce chantier est la réalisation du second-oeuvre en auto-construction.

J’ai ainsi expérimenté une passerelle entre savoir-faire théorique et pratique, me confrontant à

l’implacable réalité de chantier. Pour ce faire j’ai mobilisé les réseaux spécialisés : Tiez Breiz, les castors de l’ouest, twiza. J’ai organisé des chantiers participatifs où plus de 70 bénévoles ont mis la main à la pâte, plus de la moitié ont été des participantes.

Parce qu’il m’a fait acquérir des compétences pratiques utiles au quotidien pour intervenir sur nos espaces habités, ce chantier a été une belle expérience de résilience personnelle.

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